Depuis 2007, l’architecture durable a son prix international : les Global award.
Créés à l’initiative de la Cité de l’architecture et du conseil général des Yvelines, ils récompensent chaque année 5 architectes dont l’œuvre est «intégrée à une société éthiquement et socialement consciente, innovante dans le domaine des énergies, de l’écologie, des matériaux et des technologies, progressiste par sa recherche de nouveaux standards d’habitat et d’équipement. »
Qu’on aime ou pas le système des prix, les Global award ont ceci d’appréciable qu’ils s’intéressent à tous types d’architectures, pourvu qu’elles répondent au challenge écologique.
Prenez les lauréats de l’année 2010. On y trouve l’agence norvégienne Snohetta et le japonais Junya Ishigami, respectivement auteurs de l’opéra d’Oslo et du Facility building pour l’Institute of Technology de Kanagawa.
Mais à mon sens, les trois agences les plus intéressantes du cru 2010 sont celles qui sortent, chacune à leur manière, des sentiers battus de l’architecture contemporaine, avec ses matériaux obligés (le verre) et sa monumentalité. On aime le travail du colombien Giancarlo Mazzanti.
Salué pour une « Biblioteca espana » en forme de rocher construite sur les hauteurs de Medellin en 2007, il a œuvré pour l’essentiel dans les favelas. Dans un esprit proche, l’agence australienne Troppo élabore ses structures légères et peu énergivores en concertation avec les aborigènes. Quant à l’américain Steve Baer, doyen des lauréats et notre chouchou, il a élaboré avec une ingéniosité rare toutes sortes de dispositifs bioclimatiques.
Soirée d’ouverture des Designer’s days, 9 juin dernier, Gallery Serge Bensimon… C’est là que nous avons découvert cet incroyable vase soufflé appelé Tourbillon*. Il a été conçu dans le cadre du Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main par le studio de design A+A Cooren avec la complicité du verrier Wilfried Allyn. Une pièce aussi originale que techniquement complexe à élaborer, qui suscite, vous allez le voir, toutes sortes de réactions…
Ce tabouret pourrait s’annoncer comme le tube du moment ! Et si je vous le présente, c’est parce que j’ai succombé à son esprit nature mais graphique. Pien, c’est son petit nom, fait cohabiter deux matériaux que j’adore : le bois et le métal version chêne massif et fer blanc. Osé non ? On peut le choisir avec un habillage uni ou chromé, ou comme moi, imprimé d’un poétique branchage noir et blanc. Une poignée permet de transporter ce siège nomade conçu par Agata Kulik et Pawel Pomorski pour Youlka, une marque qui présente le design tout droit venu de Pologne. (www.youlkadesign.fr)
L’individualiste qui sommeille en moi se prend parfois à rêver d’une vie moins égoïste… Lors de ces (rares) élans communautaires, je me verrais bien habiter dans une résidence que j’ai visitée récemment à Zurich : Kraftwerk.
Achevée en 2001, cette coopérative de 200 habitants a tout misé sur la vie en commun. Il suffit de visiter le rez-de-chaussée de l’immeuble en brique qui compose le cœur du programme pour s’en convaincre : outre la laverie, on y trouve un appartement à usage des visiteurs et un bar. Quant à la terrasse, elle accueille une vaste pièce commune destinée aux (nombreuses) réunions de la coopérative et autres célébrations. Il faut ajouter à cela que beaucoup d’habitants ont opté pour la colocation et partagent cuisine, salon et salle de bains. De quoi souder la petite communauté, dont tous les membres sont priés de prendre part à l’entretien des lieux.
Vous vous en doutez : ce mode de vie va de pair avec une forte préoccupation environnementale. Ainsi, les 3 immeubles de Kraftwerk ont reçu le label Minergie, équivalent suisse de la HQE. Sur le toit d’un des bâtiments, des panneaux photovoltaïques produisent l’électricité destinée aux parties communes. Les déchets sont soigneusement triés, un groupe d’habitants s’occupe du compost avec beaucoup de soin… Et bien sûr, les résidents de cet immeuble pas comme les autres plébiscitent le vélo : on en dénombrerait pas moins de 350 aux alentours de Kraftwerk !
Chaque année en juin à Paris, l’événement côté design c’est les Designer’s Days. Au programme des conférences, des ateliers, des tables rondes, sans oublier le célèbre parcours du design. Cette année 2010, près de 63 lieux dans la capitale participent à la manifestation. Vous ne savez pas ce qu’est le parcours design ? Je suis allé rive gauche à Paris pour vous faire vivre l’événement comme si vous y étiez.
Les Anglais ont le sens de la formule : après avoir baptisé « cornichon » le Swiss Re building signé Norman Forster et « râpe à fromage » un projet de gratte-ciel dessiné par Rogers, ils viennent de donner au dernier né des gratte-ciels londoniens le doux surnom de… « rasoir ». Il est vrai que le bâtiment, qui compte 43 étages, s’élève à 148 mètres de haut et contient 408 logements, n’est pas sans rappeler la forme d’un modèle à trois têtes bien connu des hommes rasés de près.
A quelques semaines de son inauguration (les premiers habitants sont attendus début juillet), la tour Strata (de son vrai nom) cumule déjà les records : non contente d’être l’immeuble d’habitation le plus haut de la ville, elle sera la première au monde à fonctionner à l’énergie éolienne.
Pourtant, selon les estimations, les trois turbines de 9 m de diamètre qui surmontent le bâtiment ne devraient fournir que 8% de l’électricité consommée par ses habitants – soit environ 50MWh/an.
Du coup, je m’interroge : pourquoi Brookfield, promoteur de l’opération, a-t-il fait un tel choix ? De son aveu, l’éolien offrait la solution la plus viable : pour obtenir les mêmes performances avec le solaire, il aurait fallu couvrir toute la façade de panneaux photovoltaïques ! Surtout, les turbines qui trônent en haut de la tour lui ont permis « de faire (…) preuve d’un solide et visible engagement envers le design durable. » Bref l’important, c’est que ça se voit, et tant pis si ça barbe tout le voisinage…
Il faut que je vous parle de Self studio (www.self-studio.com), ce nouvel éditeur sorti du nid de Nocc (www.nocc.fr) qui propose des objets de jeunes designers (brûleur d’encens, petite voiture, suspension, etc.) enédition limitée dans le TEMPS : c’est à dire qu’au bout de quelques mois, ces derniers disparaissent à jamais de la plate-forme web marchande !
Pied de nez à la saisonnalité des collections mais aussi à la folie des rééditions, l’initiative qui combine production à la demande (pour éviter le gâchis) et personnalisation des pièces par l‘utilisateur a tout d’une petite révolution.
A tester… vite !
A savoir : Les objets seront exposés pendant les Designers days du 9 au 14 juin, 111 rue de Turenne 75003 Paris.
Certains vont penser, on se sait plus quoi inventer, d’autres vont crier au génie, toujours est –il qu’il y a de l’idée dans ces éléments de décoration. Ce sont les plombiers qui vont être fiers de voir leurs tuyaux (qu’on leur demande toujours d’encastrer) jaillir des murs pour s’adonner à des fonctions peu habituelles. D’autant plus qu’il y en a pour tous les goûts. Si vous êtes plutôt « récup » comme moi, vous allez adorer la collection en métal patiné de Pomax www.pomax.com: le chandelier à deux branches et ses deux robinets fièrement perchés, la paire de cache-pots ou encore le porte serviettes. Dans un tout autre style, François Xavier Ballery (www.domeauperes.com), inspiré par les jeux de construction, signe une étonnante collection de vaseslaqués de couleurs pop conçue à partir de sections de canalisation en PVC.
Un autre bon tuyau ? Courez donc chez Fleux qui décline toute une gamme de bougeoirs et porte manteaux composés de tuyaux, boulons et robinets. (www.fleux.com)
Voilà une équation à laquelle il fallait penser : une valise, c’est plutôt superflu en dehors des voyages, alors qu’un canapé, dans une maison, c’est juste indispensable.
Et voilà la confondante combinaison sortie des esprits fantasques du duo hollandais Nieuwe Heren, (www.nieuweheren.com) le Suited Case. Les embarrassants paquetagesse métamorphosent alors en sofa, tandis qu’à l’inverse, notre home sweet home nous accompagne en voyage. Une judicieuse création, pleine de malice et d’humour, jusque dans le choix des imprimés très seventies. Jubilatoire, vous ne trouvez pas ?
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