
Les Anglais ont le sens de la formule : après avoir baptisé « cornichon » le Swiss Re building signé Norman Forster et « râpe à fromage » un projet de gratte-ciel dessiné par Rogers, ils viennent de donner au dernier né des gratte-ciels londoniens le doux surnom de… « rasoir ». Il est vrai que le bâtiment, qui compte 43 étages, s’élève à 148 mètres de haut et contient 408 logements, n’est pas sans rappeler la forme d’un modèle à trois têtes bien connu des hommes rasés de près.
A quelques semaines de son inauguration (les premiers habitants sont attendus début juillet), la tour Strata (de son vrai nom) cumule déjà les records : non contente d’être l’immeuble d’habitation le plus haut de la ville, elle sera la première au monde à fonctionner à l’énergie éolienne.

Pourtant, selon les estimations, les trois turbines de 9 m de diamètre qui surmontent le bâtiment ne devraient fournir que 8% de l’électricité consommée par ses habitants – soit environ 50MWh/an.
Du coup, je m’interroge : pourquoi Brookfield, promoteur de l’opération, a-t-il fait un tel choix ? De son aveu, l’éolien offrait la solution la plus viable : pour obtenir les mêmes performances avec le solaire, il aurait fallu couvrir toute la façade de panneaux photovoltaïques ! Surtout, les turbines qui trônent en haut de la tour lui ont permis « de faire (…) preuve d’un solide et visible engagement envers le design durable. » Bref l’important, c’est que ça se voit, et tant pis si ça barbe tout le voisinage…

